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mardi 21 décembre 2010
Génétique, Inégalités naturelles et Ethique - Problèmes éthiques liés au Clonage - Axel KAHN - 45 mn - RDV Santé INSERM - 2003
Conférence donnée par Axel Kahn au Palais de la Mutualité sur les problèmes éthiques liés à la génétique.
Les Rendez-Vous Santé - Durée du programme : 45 mn - Date de réalisation : 03/07/2003
Réalisateur : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM)
Disciplines : Biostatistique, Histoire de la médecine, Génétique, Ethique de la science, Sciences du vivant
Classification Dewey : Génétique et évolution, Ethique médicale
Intervenant : Axel KAHN
Statut : Directeur du Laboratoire de Recherches en Physiologie et Pathologie Génétiques et Moléculaires (Unité 129 de l'Inserm). Diplômes : Docteur ès-médecine et ès-sciences. Spécialités : Spécialiste de Génétique Moléculaire
Parcours :
- Depuis 1984 : Directeur de l'Unité 129 de l'INSERM (Laboratoire de Recherches en Physiologie et Pathologie Génétiques et Moléculaires).
- 1997-1999 : Directeur scientifique Adjoint pour les Sciences de la vie de la Société Rhône Poulenc; et Directeur du Laboratoire de Recherches en Physiologie et Pathologie Génétiques Moléculaires (Unité 129 de L'Inserm, Institut Cochin de Génétique Moléculaire: ICGM).
- 1987-1993 : Chargé d'enseignement en 2ème cycle (Maîtrise de Biochimie et de Biologie Moléculaire, puis en 3ème cycle (module "Génétique et Pathologie Moléculaires", DEA de Physiologie du développement, Paris V et Paris VII), enfin, Président de l'Ecole Doctorale "Génétique, Développement et Immunologie", Paris V).
- 1993 : Directeur de Recherches de Classe Exceptionnelle à l'Inserm.
- 1988-1993 : Directeur de Recherches de Première Classe à l'Inserm.
- 1978-1988 : Directeur de recherches de Seconde Classe à l'Inserm.
- 1974-1978 : Chargée de Recherches à l'Inserm.
- 1972-1974 : Assistant des Hôpitaux.
- 1964, puis 1967 : Externe et Interne des Hôpitaux de Paris.
Source Canal-U - RDV Santé INSERM - BioTV : Génétique, Inégalités naturelles, Ethique - Axel KAHN - 2003
Le site de L'INSERM : INSERM sur Internet
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lundi 20 décembre 2010
Les enjeux éthiques de la génétique - Evolution, Eugénisme, Diagnostic pré-natal, Génie génétique et Déterminisme - Axel KAHN - 71 mn - UTLS - 2000
31ème conférence de l'Université de tous les savoirs réalisée le 31 janvier 2000 par Axel Kahn
Discipline : Philosophie - Classification : Ethique médicale, Génétique, Génie génétique
Producteur : Mission 2000 en France - Durée du programme : 71 mn - Date de réalisation : 31/01/2000
Au XIXème siècle, la théorie de l'évolution, qui s'applique à l'Homme et le dépossède donc de son privilège de créature à l'image de Dieu, a constitué une onde de choc dont les effets se font encore sentir aujourd'hui. En effet, les grandes idéologies qui ont si cruellement marquées le XXème siècle, notamment l'eugénisme et le racisme ont massivement emprunté à la science de l'évolution ce qui leur semblait de nature à conforter leurs préjugés.
La génétique a plus modifié l'énoncé des idéologies enracinées dans une conception pervertie de l'évolution qu'elle ne les a créées. Le gène est rapidement devenu l'élément de base matérialisé des vieilles conceptions déterministes et des projets eugénistes et racistes. Le danger est grand que tous ceux qui sont déjà persuadés que le destin humain est déterminé par sa dimension biologique se trouvent confortés dans leurs préjugés par une certaine présentation du programme "génome humain" et par l'interprétation rapide de nombre d'études génétiques, en particulier celles portant que les comportements.
Le généticien a une responsabilité élective : non seulement réaliser du mieux qu'il le peut une science qui fasse honneur au génie humain, mais aussi s'impliquer pour la présenter au public, expliquer ce qu'elle signifie et ce qu'il est illégitime de lui faire dire. S'il est parfaitement illégitime de faire dire à la génétique que nous sommes tous prisonniers de nos gènes, la science ne suffit pas non plus à fonder l'exigence de liberté.
Plan et Découpage de la conférence "Les enjeux éthiques de la génétique" par Axel KAHN :
- 00:49 - Présentation
- 16:19 - La génétique et la théorie de l'évolution
- 05:10 - Le génie génétique
- 04:45 - Le programme génétique
- 10:53 - Le diagnostic pré-natal
- 06:10 - Le déterminisme
- 05:40 - Le fantasme humain : améliorer ses capacités
- 04:14 - Conclusion
- 10:55 - Questions
Texte de la 31ème conférence de l'Université de tous les savoirs réalisée le 31 janvier 2000 :
"Les enjeux éthiques de la génétique" par Axel KAHN
De tous temps, les sciences de la vie ont eu une résonance individuelle, sociale et parfois politique toute particulière. C'est que le monde vivant, auquel appartient l'Homme, est traditionnellement considéré comme relevant du domaine divin. D'ailleurs, le vitalisme, un système de pensée excluant l'essence de la vie des processus physico-chimiques s'appliquant au monde inanimé, a persisté jusqu'au début de notre siècle, survivant donc pendant plusieurs centaines d'années à l'émergence de l'esprit scientifique en Europe au XVIIème siècle.
Au XIXème siècle, la théorie de l'évolution, qui s'applique à l'Homme et le dépossède donc de son privilège de créature à l'image de Dieu, a constitué une onde de choc dont les effets se font encore sentir aujourd'hui. En effet, les grandes idéologies qui ont si cruellement marqué le XXème siècle, notamment l'eugénisme et le racisme, ont massivement emprunté à la science de l'évolution ce qui leur semblait de nature à conforter leurs préjugés.
La génétique, c'est-à-dire l'étude des lois gouvernant la transmission des caractères héréditaires, est une science encore plus récente puisque, issue des travaux de Gregor Mendel en 1865, elle n'est redécouverte, indépendamment de ceux-ci, qu'au début du XXème siècle. A dire vrai, la génétique a plus modifié l'énoncé des idéologies enracinées dans une conception pervertie de l'évolution quelle ne les a créées. Il n'empêche que cette science, appliquée à l'homme, se fixe pour objectif de déterminer l'origine des caractères humains, des similitudes et des différences, de leur transmission au travers du lignage. Toutes ces questions sont probablement de celles que se posent les communautés humaines depuis l'origine si bien que, après le concept de l'évolution, la science génétique devait avoir sur l'histoire du XXème siècle plus de répercussions que tout autre science. Le gène est en effet rapidement devenu l'élément de base matérialisé des vieilles conceptions déterministes et des projets eugénistes et racistes. Depuis la nuit des temps, les hommes considèrent que le destin est écrit. Avec la génétique, na-t-on pas reconnu qu'il l'était dans le langage des gènes ? L'eugénisme, c'est-à-dire la mise en Œuvre de politiques volontaires d'amélioration des sociétés humaines, a dès lors été entendu comme l'ensemble des activités visant à limiter la diffusion des mauvais gènes dans la population. Les races, considérées antérieurement comme inférieures car à un niveau moindre de l'évolution humaine, se sont vues définies par leur faible qualité génétique. Chacun se rappelle les horreurs commises au nom de l'eugénisme et du racisme, au nom des gènes ! Après guerre, l'effroi des sociétés démocratiques à la découverte de l'étendue des dégâts provoqués par ces idéologies devait largement libérer les sciences biologiques, notamment la génétique, de leur gangue idéologique...
Télécharger le Texte de la conférence : "Les enjeux éthiques de la génétique" - Axel KAHN - 2000 - Document format Pdf
Intervenant : Axel KAHN - Statut : Directeur du Laboratoire de Recherches en Physiologie et Pathologie Génétiques et Moléculaires (Unité 129 de l'Inserm).
Diplômes : Docteur ès-médecine et ès-sciences
Parcours :
- Depuis 1984 : Directeur de l'Unité 129 de l'INSERM (Laboratoire de Recherches en Physiologie et Pathologie Génétiques et Moléculaires).
- 1997-1999 : Directeur scientifique Adjoint pour les Sciences de la vie de la Société Rhône Poulenc; et Directeur du Laboratoire de Recherches en Physiologie et Pathologie Génétiques Moléculaires (Unité 129 de L'Inserm, Institut Cochin de Génétique Moléculaire: ICGM).
- 1987-1993 : Chargé d'enseignement en 2ème cycle (Maîtrise de Biochimie et de Biologie Moléculaire, puis en 3ème cycle (module "Génétique et Pathologie Moléculaires", DEA de Physiologie du développement, Paris V et Paris VII), enfin, Président de l'Ecole Doctorale "Génétique, Développement et Immunologie", Paris V).
- 1993 : Directeur de Recherches de Classe Exceptionnelle à l'Inserm.
- 1988-1993 : Directeur de Recherches de Première Classe à l'Inserm.
- 1978-1988 : Directeur de recherches de Seconde Classe à l'Inserm.
- 1974-1978 : Chargée de Recherches à l'Inserm.
- 1972-1974 : Assistant des Hôpitaux.
- 1964, puis 1967 : Externe et Interne des Hôpitaux de Paris.
Prix :
- 1999 : Prix 1998 de l'Association Française pour la Recherche Thérapeutique (AFRT), et Prix Benjamin Delessert.
- 1997 : Prix "Médecin de la Cité" de l'Association ELROFE.
- 1996 : Prix Jean Bernard de la Communication de la Fondation pour la Recherche Médicale.
- 1990 : Prix du Rayonnement Français; Médaille d'argent du CNRS.
- 1989 : Prix Docteur et Madame Henri Labbé de l'Académie des Sciences
Spécialités : Spécialiste de Génétique Moléculaire
Source Canal-U - Mission 2000 en France : "Les enjeux éthiques de la génétique" par Axel KAHN
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mercredi 27 octobre 2010
Axel Kahn : Croire au progrès, une pensée en crise - Leçon inaugurale, Ecole nationale des Ponts, ENPC - 53mn - Canal Académie - 2010
Conférence d'Axel Kahn : Croire au progrès, une pensée en crise - Audio 53mn - 2010
"Ethique et progrès" la leçon inaugurale 2010 d’Axel Kahn à l’Ecole nationale des Ponts - ParisTech
Axel Kahn l’affirme : l’optimisme du progrès est en crise. A travers sa leçon inaugurale donnée à l’Ecole nationale des Ponts ParisTech, il explique aux étudiants l’évolution de la notion de progrès, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Canal Académie retransmet cette intervention qui s’est déroulée en septembre 2010.
Emission proposée par : Elodie Courtejoie - Date de mise en ligne : 24 octobre 2010
Axel Kahn est généticien, directeur de recherche à l’INSERM, ancien directeur de l’Institut Cochin, actuel président de l’Université Paris Descartes, membre de l’Académie des sciences.
L’optimisme du progrès est en crise. Au début du XXe siècle, ils étaient rares ceux pour qui le progrès n’assurait pas l’amélioration de l’humanité. Au début du XXIe siècle, ils sont devenus majoritaires, surtout dans les pays qui ont connu le plus vif des progrès. On observe une crise du progressisme, l’optimisme du progrès.
Définition du progrès
Il y a « progrès » lorsqu’au terme d’un processus, ce qui existe en quantité ou en qualité est supérieur à ce qui existait au début du processus. Les progrès à ce titre sont donc nombreux : progrès de l’économie, des sciences, des techniques, de la médecine...
Concernant l’homme, la notion de progrès implique que l’homme lui-même peut s’améliorer. En ce sens, il est évident que la prédication de Saint-Paul est progressiste puisqu’il est persuadé que tous les hommes peuvent progresser pour s’approcher de l’enseignement divin.
Cicéron lui aussi était progressiste : il était persuadé que tous les hommes y compris les esclaves pouvaient accéder au rang de citoyen romain.
A l’inverse, d’autres sociétés n’étaient pas du tout progressistes : les Grecs par exemple ne pouvaient pas imaginer le progrès en tant que tel parce que pour eux, il était inimaginable que leur société puisse un jour être dépassée par une autre.
Progrès : les conditions de l’épanouissement de l’homme ?
Mais le progrès dont parle Axel Kahn au cours cette conférence se définit comme il le dit lui-même par quelques citations :
- Victor Hugo : « Le progrès est le pas collectif du genre humain ».
- Jean-Paul Sartre : « Le progrès est la notion d’une ascension continue vers un terme idéal ».
- Condorcet : « Le progrès, c’est le pas de l’humanité ferme et sûr, sur la route de la vérité, du bonheur et de la vertu ».
Les petits progrès (progrès de l’économie, progrès techniques, des connaissances...) aboutissent vers un grand progrès, promesse et assurance des conditions d’épanouissements de l’homme.
C’est de ce progrès dont parle Axel Kahn.
Comment cette idée de progrès est-elle née ?
Comme l’explique le généticien, elle est historiquement datée.
Pour qu’il y ait progrès, il faut d’abord qu’il y ait progression des connaissances par une approche rationnelle. Il existe deux moyens d’approcher la connaissance : la physique et la métaphysique, la science et la philosophie.
La science existe au moins depuis l’existence des Mésopotamiens, dont on a retrouvé des plaquettes d’argiles avec des exercices de mathématiques.
Quant à l’interrogation philosophique sur la démarche scientifique, il s’agit d’une invention grecque. Ce sont les Grecs qui inventent et définissent ce qu’est la logique, le syllogisme, le paralogisme, le sophisme, tous les modes de raisonnements qui fondent la typologie de la démarche rationnelle.
Les Grecs inventent aussi l’interrogation sur les relations entre la science (et le progrès) et le bien : Est-ce que la vérité conduit au bien ?
Cette question se pose depuis très longtemps. Quatre siècles avant notre ère, elle divise les philosophes grecs. Axel Kahn revient sur un texte de Platon :
Socrate discute avec le sophiste Protagoras. La question est la suivante : Est-ce que le vrai conduit au bien ?
Socrate dit que seuls les ignorants peuvent faire le mal. Celui qui connaît la vérité connaît la lumière de la vérité, lumière qui éclaire tout et ne peut s’engager que sur la bonne voie.
Epiméthée et Prométhée
Protagoras n’accepte pas cette vision de la science. Pour expliquer son point de vue, il revient à sa manière sur le mythe central du progrès : Prométhée.
Prométhée (« celui qui voit loin » en grec) et Épiméthée (celui qui ne va pas plus loin que le bout de son nez) sont des demi-dieux. Vivants au centre de la Terre comme des formes potentielles prêtes à se manifester, Zeus demande aux deux Titans Épiméthée et Prométhée de doter chacune de ses deux vies de ce dont ils ont besoin pour arriver à coloniser la surface du globe.
Épiméthée commence le premier. Il fait en sorte que les prédateurs soient un peu moins prolifiques et un peu moins rapides que les proies, mais quand il arrive à l’homme, il n’a plus rien à lui attribuer.
Prométhée, ami des hommes, décide d’aller chercher ce dont ils ont besoin. Une nuit sans lune, en haut de l’Olympe, il vole une étincelle d’éclair et donne le feu à l’homme d’où découle la technique et la science.
Mais rien ne va plus. Les hommes qui disposent du feu s’entretuent. Alors Zeus, pour les sauver, demande à Hermès son message ailé, d’apporter aux hommes la prudence la justice, la solidarité.
Ainsi Protagoras développe-t-il sa pensée : Certes la science est indispensable à l’homme, mais elle ne saurait suffire. A côté de la science, il faut ce sentiment humain qui est le désir de faire le bien.
Depuis, le débat se pose toujours en ces termes.
Axel Kahn, membre du Comité consultatif national d’éthique nous explique ainsi qu’au sein du Comité, le débat majeur porte entre ceux qui considèrent qu’une innovation est scientifiquement brillante et qu’elle sera un bénéfice potentiel pour l’humanité, et ceux qui considèrent que l’admiration scientifique que l’on a, ne dit rien de sa valeur morale. Par conséquent, il convient de poursuivre et d’approcher séparément la valeur scientifico-technique et sa signification morale.
Croire au progrès : une idée en berne pendant plusieurs siècles
Pendant une grande période, on observe que le progressisme n’existe pas (ce qui ne veux pas dire que le progrès n’existe pas). Les Romains par exemple concentrent tous leurs efforts sont vers la reproduction du modèle grec.
A l’époque du Moyen-âge, ce que l’Eglise peut dire ne peut pas être contredit.
La Renaissance italienne, elle-même, période de progrès extraordinaire, ne le pense pas comme tel. Elle cherche à retrouver la recette de « cet extraordinaire » épanouissement de la vie culturelle de l’antiquité greco-romaine.
La notion de progrès est donc très récente. Axel Kahn la résume à travers trois noms :
- le philosophe anglais Francis Bacon qui dit pour la première fois : « Le savoir est pouvoir ». L’un des objectifs principaux du savoir c’est d’augmenter le pouvoir que l’homme a sur la nature.
- Descartes dix ans après, dit que « le savoir pour l’homme lui permet d’être maître et possesseur de la nature »
- Blaise Pascal enfin affirme que « toute la suite des hommes depuis le cours de tant de siècles est comme un seul homme qui apprend toujours et qui vit continuellement ».
La conjonction entre ces trois citations nous indique que l’humanité sera de plus en plus savante et par conséquent de plus en plus à même de se penser et d’agir en tant que maître et possesseur de la nature.
Mais ce progrès occidental qui va avoir des conséquences énormes sur le plan géopolitique, n’est pas encore la naissance du progressisme...
Source Canal Académie : Axel Kahn : Croire au progrès, une pensée en crise - ENPC - ParisTech - 2010
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