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mercredi 22 décembre 2010

Neurosciences et Psychanalyse - Plasticité et Homéostasie - L'émergence de la singularité - François ANSERMET, Pierre MAGISTRETTI - 58mn - Collège de France - 2008




Colloque neurosciences et psychanalyse, le 27 mai 2008 - "Neurosciences et psychanalyse : une rencontre autour de l'émergence de la singularité" - Organisé par Pierre Magistretti au Collège de France
The dynamics of our internal representations : Memory consolidation, reconsolidation and the integration of new information with the past - Durée du programme : 58 mn - Date de réalisation : 27/05/2008
Producteurs : Collège de France - C.E.R.I.M.E.S. - Réalisateurs : Marcel LECAUDEY - Loïc QUENTIN
Disciplines : Neurosciences et psychanalyse, Neurosciences
Classification Dewey : Psychologie, Neurophysiologie et physiologie sensorielle, Cerveau

François ANSERMET : Psychanalyste

Pierre MAGISTRETTI : Professeur de Neurosciences
Co-Directeur du Brain Mind Institute de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL)
Directeur du Centre de Neurosciences Psychiatriques du Département Universitaire de Psychiatrie du CHUV, Université de Lausanne

Soutenu par une bourse du Fonds national suisse de la recherche scientifique, il poursuit ses études au Salk Institute for Biological Studies à San Diego et obtient le titre de Doctor of Philosophy (PhD) en biologie (mention neurobiologie) de la University of California at San Diego (UCSD).

C'est durant cette période que se cristallise l'intérêt de Pierre Magistretti pour les mécanismes moléculaires et cellulaires de régulation du métabolisme énergétique cérébral. Son travail de thèse de PhD aboutit à la formulation d'une hypothèse originale selon laquelle la fonction principale de certains neurotransmetteurs serait de participer au couplage entre l'activité neuronale et le métabolisme énergétique local. De retour à Genève au Département de pharmacologie, Pierre Magistretti poursuit ses recherches sur les interactions entre neurotransmetteurs monoaminergiques et peptidergiques. Dès cette époque son laboratoire est une des pionniers de l’étude des fonctions de la glie, notamment son rôle dans la régulation du métabolisme énergétique en relation à l’activité synaptique.

En 1987, Pierre Magistretti est l'un des premiers bénéficiaires du programme START du Fonds national suisse de la recherche scientifique (Swiss Talents for Academic Research and Teaching), visant à faciliter la relève universitaire. Un an plus tard, à 36 ans, il est nommé professeur ordinaire à la chaire de physiologie de l’Université de Lausanne.

Au point de vue de la recherche expérimentale, le groupe de recherche de Pierre Magistretti a été un des pionniers dans l’étude du métabolisme cérébral et des mécanismes qui sont à la base des signaux détectés par les techniques d’imagerie fonctionnelle cérébrale. En particulier, il a mis en évidence le rôle d’un type particulier de cellules cérébrales, les astrocytes, qui fournissent l’énergie nécessaire aux neurones pour leur activité. La portée de ses travaux de laboratoire a largement dépassé le domaine des neurosciences expérimentales; ils sont particulièrement reconnus dans le domaine de l'imagerie fonctionnelle cérébrale. Pierre Magistretti a signé plus de 130 article originaux dans des revues à haut impact. La recherche dans son laboratoire est soutenue à un niveau important depuis plus de vingt ans par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique et par d’autres instances internationales qui pratiquent l’évaluation par « peer-review ».

Fortement impliqué dans le développement des neurosciences en Suisse et en Europe, Pierre Magistretti a été à l'origine de la création du Département interfacultaire de neurosciences de l’Université de Lausanne, dont il a été le premier président, et de la Société Suisse de Neurosciences dont il a été le premier président élu. Pierre Magistretti a été Président de la Fédération Européenne des Sociétés de Neuroscience de 2002 à 2004.

Pierre Magistretti a occupé diverses fonctions au sein de la Faculté de biologie et médecine de l’Université de Lausanne, d’abord comme professeur ordinaire de physiologie entre 1988 et 2004, puis comme vice-doyen (1996 –2000) de cette faculté et également comme directeur du Département de physiologie (2001 – 2004). Depuis 2004, Pierre Magistretti est professeur au Département de psychiatrie au sein duquel il dirige le Centre de Neurosciences Psychiatriques. En janvier 2005, Pierre Magistretti a été également nommé professeur de neurosciences à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) , au sein du "Brain and Mind Institute" dont il est le co-Directeur.
Pierre Magistretti est membre du Conseil de la recherche du Fonds national Suisse de la Recherche Scientifique.

Pierre Magistretti a été élu membre de l’ « Academia Europea » en 2001 et de l’ »Académie Suisse des Sciences Médicales » en 2003. Il a reçu divers prix scientifiques dont le Theodore Ott Prize de l’Académie Suisse des Sciences Médicales et le Emil Kraepelin Professorship du Max-Planck Institute for Psychiatry. Il a été élu à la Chaire Internationale du Collège de France pour l’année académique 2007 – 2008.

Pierre Magistretti est particulièrement intéressé à la réflexion autour des liens entre neurosciences et psychiatrie qui a notamment abouti à la rédaction du livre récemment publié aux éditions Odile Jacob « A chacun son cerveau », avec un collègue pédopsychiatre et psychanalyste, le Professeur François Ansermet. Dans ce livre, la plasticité neuronale, c’est-à-dire la capacité que les neurones ont de modifier leurs connections suite à l’expérience vécue, est prise comme point de rencontre entre deux disciplines que tout sépare à priori, comme les neurosciences et la psychanalyse.

Source Canal-U - CERIMES - Collège de France - 2008 :
Plasticité et homéostasie à l'interface entre neuroscience et psychanalyse - François ANSERMET, Pierre MAGISTRETTI

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samedi 30 octobre 2010

L'impact des neurosciences sur les thérapies - Yves AGID - 85mn - Université de Tous les Savoirs - 2004



L'impact des neurosciences sur les thérapies - Yves AGID - 85mn - UTLS - 2004
Production : Université de Tous les Savoirs - Durée : 85mn 45s - Date : 23/01/2004

Yves AGID : Neurologue - Professeur des Universités - Praticien Hospitalier - Chef de service de neurologie, Hôpital Pitié-Salpêtrière

Les neurosciences sont à l'origine de beaucoup d'espoirs et de fantasmes. Grâce à quelques exemples on peut démythifier ce qui est présenté dans les journaux, ce que tout le monde pense, les attentes des patients... Une vision plus réaliste sera présentée grâce à une connaissance du système nerveux, des ses troubles, de quelques modes exploratoires ainsi que des possibilités de traitements.

Minutage et Plan de la conférence "L'impact des neurosciences sur les thérapies" par Yves AGID :
- 00:49 - Présentation
- 01:30 - Introduction
- 10:33 - Quelques maladies neurologiques
- 12:32 - Le cerveau et le système nerveux
- 14:06 - Exemples de troubles
- 08:15 - La mesures des émotions
- 07:19 - Traitement des maladies du système nerveux
- 18:31 - Conclusion
- 04:00 - Questions, partie 1
- 08:10 - Questions, partie 2

Transcription de la 526e conférence de l'Université de tous les savoirs donnée le 23 janvier 2004
Yves Agid « L'impact des neurosciences sur les thérapies »

L'Europe comporte 400 millions d'individus, dont 17 % ont plus de 65 ans, et représente la population la plus touchée par les maladies neurodégénératives, telles que les maladies de Parkinson ou d'Alzheimer. Il existe beaucoup d'autres pathologies neurologiques, telles que les accidents vasculaires cérébraux (AVC), l'épilepsie ou la sclérose en plaque. Ces maladies posent des problèmes de santé publique, mais aussi des problèmes socio-économiques. La maladie d'Alzheimer, qui concerne cinq millions de personnes en Europe, entraîne une dépendance totale trois à cinq ans après le début de la maladie et un coût d'environ 80 milliards d'euros par an. Au total, ces maladies neurologiques sont fréquentes, et coûtent plus de 300 milliards d'euros par an à la communauté européenne, ce qui peut paraître énorme, mais qui représente cependant moins que le coût des problèmes psychiatriques. Des dizaines de millions de personnes endurent des dépressions, des angoisses, 4 millions souffrent de psychoses (schizophrénie, délires,...). Les traumatisés de la route représentent quant à eux 1,7 million de nouveaux patients chaque année en Europe. Que peut faire la médecine pour soulager tous ces patients sur le plan neurologique ?

La première chose que le médecin apporte à son patient tient à la relation particulière qu'ils entretiennent ensemble. Tout bon médecin est un psychothérapeute qui s'ignore. Si la psychiatrie, la psychologie ou la neuropsychologie, sont des sciences très importantes dans la vie courante, elles le sont encore plus en médecine. Il y a d'ailleurs une analogie entre la psychothérapie et l'effet placebo (du latin je plairai). Cet effet existe dans tout médicament. Le placebo est une substance inerte administrée pour son effet psychologique. Il n'a, de manière remarquable, d'effet que lorsque le patient et le médecin ont une confiance parfaite dans son action. On dit que 40 % des médicaments prescrits dans en France sont d'ailleurs des placebo. Une expérience très classique illustre cet effet. Des étudiants en médecine reçoivent un comprimé parmi deux, l'un présenté comme sédatif et l'autre comme stimulant, mais ne contenant en réalité qu'une substance inactive. Plus des deux tiers des étudiants ayant reçu le « sédatif » ont déclaré avoir sommeil, et ceux ayant pris deux comprimés avaient plus envie de dormir que ceux qui n'en avaient pris qu'un. Un tiers de l'ensemble du groupe a signalé des effets secondaires, tels des maux de têtes, un picotement des extrémités, ou une démarche titubante. Trois étudiants seulement sur 56 n'ont ressenti aucun effet ! Cela prouve que l'acte médical, le fait de donner un médicament, n'a de sens que dans un contexte médecin/malade, ce que les médecins, parfois débordés, mais aussi les patients, ont tendance à oublier. Une relation médecin/patient de qualité est une chose absolument fondamentale.

Il y a encore une trentaine d'années, le cerveau était vu comme une boite noire, dans laquelle personne ne pouvait ni ne voulait regarder. Nous verrons que le cerveau est en effet une structure extraordinairement complexe. On commence cependant aujourd'hui à comprendre ce qui se passe dans un cerveau, normal ou anormal. Cette connaissance pourrait nous permettre d'agir de manière sélective sur les dysfonctionnements du cerveau malade.

Le cerveau humain pèse en moyenne 1350 g (celui de Lord Byron pesait 2,3 kg, et celui d'Anatole France, supposément le plus grand QI ayant jamais existé avec Voltaire, 900 g). Le cerveau est formé de deux hémisphères, chacun divisé par convention en quatre lobes, qui tirent leur nom des os du crâne qu'ils recouvrent : les lobes frontal, pariétal, temporal et occipital. Le cerveau humain est constitué de 100 milliards de cellules nerveuses. Chaque neurone présente des branches (des axones et des dendrites) qui ont chacune à leur extrémité des petites spicules sur laquelle sont établis en moyenne 10 000 contacts avec les cellules voisines. Le cerveau est donc un véritable réticulum. Chaque cellule nerveuse émet environ 1000 signaux par seconde. Par conséquent 1018 signaux sont véhiculés dans le cerveau chaque seconde, soit un milliard de milliard de signaux ! Vu de l'intérieur, le cerveau se présente comme une couche de cellules périphériques (le cortex cérébral) d'où des faisceaux de cellules nerveuses envoient des prolongements (projettent) vers les structures profondes du cerveau, que l'on appelle les noyaux gris centraux, ou les ganglions de la base. Différentes zones fonctionnelles ont été identifiées dans le cerveau : celle qui permet d'accomplir un acte moteur, la partie associative qui sous tend la fonction intellectuelle et le cortex dit limbique, qui contrôle les émotions. Chaque zone projette de manière spécifique vers la zone correspondante dans les structures profondes. Ces régions ne sont cependant pas cloisonnées : comment expliquer une fonction aussi extraordinaire que l'émotion déclenchée en voyant un tableau de Botticelli ?
La suite du texte de la présentation - Document Format Pdf : L'impact des neurosciences sur les thérapies - Yves AGID

Source Canal-U TV - UTLS : L'impact des neurosciences sur les thérapies - UTLS - 2004

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