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mardi 4 janvier 2011

Entre utopies dangereuses et postures nihilistes, y a-t-il une place pour l’espoir ? - Janine MOITHY - Thomas More, Emil Cioran, Nietzsche - U Bordeaux 2 - 2004




La conférence a été donnée à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2
dans le cadre du cycle de conférences "L'invité du Mercredi" - Saison 2003-2004 sur le thème "Demain"
Producteurs Réalisateurs : Service culturel Université Victor Segalen de Bordeaux 2 - DCAM - Département Conception et Assistance Multimédia

Durée du programme : 47 mn - Date de réalisation : 07/04/2004
Disciplines : Sociologie, Philosophie
Classification : Sociologie et anthropologie , Les divers systèmes philosophiques, Science politique

Face à ce que les Anciens nommaient le tragique, à savoir l’existence de la mort et du mal, l’homme a développé deux attitudes antagonistes : une confiance absolue en la capacité de l’homme à résoudre les problèmes de la nature (l’utopie) et la conviction que rien ne pourra changer (le nihilisme). Ces deux mouvements ont coexisté et se sont respectivement affirmés au cours de l’histoire.

Aujourd’hui, la société opère un profond retour à une attitude nihiliste : les totalitarismes meurtriers qu’ont été le nazisme et le communisme, la prise de conscience des limites de la science et la perte de confiance en la politique ont fait sombrer la société dans une énorme dépression. Pour oublier ce qui l’interpelle, elle se jette dans le présent avec la surconsommation, la drogue, le virtuel : elle se vide la tête.

Ce retour au nihilisme n’est toutefois pas dépourvu d’espoir car il a l’avantage d’être lucide. C’est en regardant la réalité et non plus ses rêves que l’homme pourra transformer les choses.

Plan et Découpage de la conférence :
- 00:21 - Position du problème
- 05:43 - L'Utopie
- 02:44    Apparition du concept
- 01:21    L'Age d'Or
- 02:28    Thomas More et les Utopistes
- 05:02    Caractéristiques de l'Utopie
- 02:07    Vers le Totalitarisme
- 01:06    Cioran et l'Utopie
- 03:04 - L'attitude nihiliste
- 01:41    Le courant russe
- 01:55    Nietzsche
- 03:33    Le Nihilisme actuel
- 01:42    Cioran
- 07:38 - Aujourd'hui
- 06:39    Le retour du tragique

Intervenant : Janine MOITHY - Professeur agrégé de l’Université

L'Utopie de Thomas More

L'Utopie : Pamphlet virulent dirigé contre la société anglaise d'Henri VIII et construction imaginaire proposant en contrepoint l'image d'une société idéale, L'Utopie, publiée en 1516, est la célèbre contribution de l'humaniste chrétien Thomas More au débat philosophique sur les finalités du politique. Ami d'Érasme, dénonçant avec lui les égarements de l'Église et de l'État, More espère, en dressant le tableau de la cité idéale, rappeler à chacun, gouvernants ou gouvernés, la voie du Bien commun. L'inégalité des richesses et l'intolérance religieuse sont les principales cibles de sa critique.

"À quoi bon l'utopie ? À force de faire des concessions à l'ordre des choses sous prétexte de réalisme et d'efficacité la réflexion politique finit par perdre toute référence à l'idéal et aux valeurs. Une "utopie" (le mot inventé par More signifie, par ses racines grecques, "lieu qui n'existe pas") n'est donc pas une attitude naïve : symptôme d'une crise morale, elle est aussi et surtout une tentative pour renvoyer une société à ce qu'elle attend d'elle-même. Un rêve, oui, mais pour affermir la volonté politique" - Emilio Balturi

En 1516, Thomas More, chancelier d'Angleterre, lance avec L'Utopie un appel pathétique pour sauver l'humanité en perdition. Si l'ouvrage est assurément un réquisitoire contre la misère et le mal, il n'est pas pour autant l'épure d'un " socialisme vivant ", n'en déplaise à certains commentateurs. Dans un extraordinaire élan métaphysique, More cisèle pour les Utopiens une constitution qui, bien au-delà d'un réformisme politique pragmatique et plat, est destinée à opérer la rédemption de l'humanité et à recréer la substance du monde. La force de l'oeuvre se trouve dans le dynamisme spirituel qui la porte. C'est en lui que réside la fonction utopique elle-même, qui est de transcender le temps.
Thomas More sur Amazon.fr : L'Utopie - Thomas More sur Amazon.fr

Source vidéo Canal-U - Université Bordeaux 2 :
Conférence "Entre utopies dangereuses et postures nihilistes, y a-t-il une place pour l’espoir ?" par Janine MOITHY


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mardi 9 novembre 2010

Les philosophies de la Mondialisation - Globalismes, Globalisation, Catastrophisme, la notion d'Empire, Nihilisme, Théories de Marx, Heidegger - André TOSEL - 81mn - UTLS - 2003



Les philosophies de la mondialisation - André TOSEL - 2003
Conférence Université de Tous les savoirs - Durée : 81mn - Date : 07/07/2003
Disciplines : Sciences politiques, Philosophie

André TOSEL : Philosophe, Université de Nice.
Parcours : 1965 Agrégation de philosophie - 1982 Doctorat d'état de philosophie à l'Université de Paris I - de 1982 à 1988 Vice-président de l'Université de Nice - 1995 Professeur à l'Université de Paris I-Sorbonne - 2002 Membre du conseil de gestion de l'UFR Lettres, Arts et sciences humaines de l'université de Nice-Sophia Antipolis
Spécialités : André Tosel est spécialiste de philosophie politique. Il a travaillé sur Spinoza, Hegel, Marx et des philosophies marxiste. Ses travaux portent sur la rationalité moderne, ainsi que sur les philosophies de la mondialisation.

Particularités : André Tosel a écrit de nombreux articles dans des revues nationales et internationales.
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : Marx et sa critique de la politique, en collaboration avec Cesare Luporini et Etienne Balibar Paris, 1979
Praxis. Vers une refondation en philosophie marxiste, Editions Sociales (Collection Terrains) Paris, 1984
L'esprit de scission: études sur Marx, Gramsci, Lukács, Presses Universitaires Franc-Comtoises, 1991
Etudes sur Marx (et Engels), Kimé, 1998
Il est membre de la société française de Philosophie et vice-président de la société Hegel-Marx pour l'étude de la pensée dialectique et critique.

Introduction de la conférence :
La philosophie française en sa grande majorité demeure silencieuse sur la mondialisation alors que les sciences humaines et sociales connaissent un déluge d'études spécialisées .Elle l'aborde de deux manières : soit sur le mode oblique de questions juridico-politiques en se concentrant sur les relations entre souveraineté politique et cosmopolisme - soit de manière métaphorique par des considérations sur la technique planétaire à l'époque de la post-modernité, que celle-ci soit comprise comme le joyeux avènement d'une pensée faible, ou comme le tragique oubli de l'être propre à la pensée occidentale.

Pour remédier à cette stratégie de fuite hors des problèmes effectifs de la contemporanéité la philosophie est affrontée à la tâche de définir ne serait-ce que de manière préalable le concept de la mondialisation. Il sera proposé une définition post-marxienne, non pas anti-marxienne. La mondialisation serait la généralisation inachevée du mode de production capitaliste à l'orbe du globe. Elle ne se réduit pas à sa dimension économique, puisque le réseau transnational des grandes firmes fondé sur la troisième révolution technologique (industries de la communication) et sur l'autonomisation du capital financier prend simultanément forme dans le système d'une économie monde d'Etats inégaux, caractérisé par son centre et ses périphéries, dominé par une puissance impériale, les Etats-Unis, perpétuellement confrontés de leur côté à la formation de pôles concurrents.

Cette forme est indissolublement culturelle puisque la marchandise-argent devient le faux universel symbolique hégémonique, intégrant contradictoirement des formes de vie où les individus insécurisés cherchent refuge dans des communautés imaginaires. Une violence inédite intransitive répond à la violence du capital qui joue son avenir en immergeant la production dans la consommation. La philosophie doit se demander ce qu'il en est de la liberté des individus en cette affaire. On examinera quelques attitudes significatives de philosophes contemporains étalées sur un spectre qui va du pôle mondialophobe au pôle mondialophile.

Minutage et Plan de la conférence "Les philosophies de la mondialisation" :
- 01:46 - Présentation
- 09:03 - Introduction
- 06:56 - Le globalisme économisiste
- 15:52 - Le catastrophisme et la notion d'empire
- 05:47 - Le globalisme éthiquo-politique
- 09:32 - La réponse des démocrates radicaux
- 01:50 - Dans le sillage d'Heidegger
- 05:01 - Conclusion
- 13:36 - Questions, partie 1
- 11:39 - Questions, partie 2

Source Canal-U TV : Les philosophies de la mondialisation - André TOSEL

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