Affichage des articles dont le libellé est inconscient cognitif. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est inconscient cognitif. Afficher tous les articles

mercredi 24 novembre 2010

L’inconscient cognitif et la profondeur des opérations subliminales - Stanislas Dehaene - Cours de 68mn - Collège de France - 6 janvier 2009


Cours Collège de France - L'inconscient cognitif : une introduction historique et critique - Stanislas Dehaene
Durée : 68mn - Date : 06/01/2009
Intervenant : Stanislas Dehaene Chaire de Psychologie Cognitive Expérimentale
Premier Cours - L’inconscient cognitif : Une introduction critique

Les images subliminales : Mythe et réalité
En 1988, en pleine campagne présidentielle, le visage de François Mitterrand apparaît brièvement dans le générique du journal d’Antenne 2.
En 2000, le mot « RATS » accompagne une description du plan d’Al Gore dans un spot publicitaire de George Bush.
- Le mythe originel : En 1957, l’insertion de brefs messages invisibles (« Buvez Coca- Cola ») dans un film aurait conduit à une augmentation massive des ventes. Il s’agissait pourtant d’un canular, comme l’a avoué son auteur James Vicary.
- Les conséquences modernes : Thérapies subliminales, cassettes, vidéos de « développement personnel »...

Inscription dans la législation française et fréquents rappels à l’ordre
- Décret n° 92-280 du 27 mars 1992 modifié : « la publicité ne doit pas utiliser des techniques subliminales » entendues comme visant à atteindre le subconscient du téléspectateur par l'exposition très brève d'images.
- Recommandation adoptée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel le 27 février 2002 : « le Conseil supérieur de l'audiovisuel a récemment pu relever sur l'antenne d'un service de télévision la présence d'images subliminales, introduites lors des opérations de montage mettant en oeuvre des technologies numériques. »

L’influence des images subliminales est-elle réelle ? Exemples issus du traitement des visages
- Peut-on présenter un stimulus émotionnel sans qu’il soit vu ?
Présentation pendant 33 millisecondes d’un visage exprimant la peur ou la joie, et suivi d’un visage « neutre ».
A la fin de l’expérience :
1. les participants déclarent n’avoir perçu que des visages neutres.
2. dans un test à choix multiple, ils ne choisissent que les visages neutres, pas les visages exprimant la peur ou la joie.
- Un tel stimulus peut-il entraîner des activations cérébrales mesurables et liées au contenu émotionnel ?

Conclusion de ces deux exemples :
- La psychologie et les neurosciences cognitives ont identifié des conditions expérimentales qui permettent de présenter un stimulus « subliminal », en dessous du seuil de conscience.
- L’imagerie cérébrale est suffisamment sensible pour détecter des activations évoquées, par exemple, par un visage subliminal qui porte une émotion de peur.
- De telles images sont également susceptibles d’influencer nos décisions supposés « conscientes » et « réfléchies » (effet d’amorçage subliminal) – bien que nous verrons que la durée de vie de ces effets est généralement très brève.
- Toute une série d’étapes distinctes de traitement cérébral sont susceptibles de se déclencher en réponse à une image subliminale.

La perception « subliminale » - Définition :
- “Subliminal perception occurs whenever stimuli presented below the threshold or limen for awareness are found to influence thoughts, feelings, or actions” (Merikle, 2000)
- Définition qui suppose
a - Un concept de seuil de conscience.
b - La capacité de le mesurer ou, au minimum, de se placer largement en dessous de ce seuil.
c - La capacité de mesurer, indépendamment, l’influence d’un stimulus sur la pensée, l’émotion ou l’action entreprise par les participants.

Questions abordées dans le cours :
1. Quelle sont les différentes manières de présenter un stimulus sans qu’il accède à la conscience ?
- De très nombreuses techniques existent
- Sont-elles toutes équivalentes ? Interrompent-elles le traitement cérébral à des étapes distinctes ?
- Nécessité d’une taxonomie de processus non-conscients.

2. Comment s’assurer qu’une image est bien subliminale ?
- Un rapport verbal suffit-il ? Ne sous-estime-t-il pas la conscience ? (biais de réponse, incapacité de verbaliser une conscience infra- linguistique...) Ou, au contraire, ne la surestime-t-il pas ? (peut-on s’exprimer sans conscience ?)
- Faut-il évaluer la non-conscience par une tâche secondaire ? Laquelle ?
- Il existe, dans ce domaine, une forme de circularité: seule une théorie aboutie de la conscience peut nous dire quelles performances mesurent réellement l’accès conscient, et lesquelles reflètent un traitement non- conscient.

3. La profondeur des opérations subliminales
- Jusqu’où un stimulus subliminal peut-il être traité sans pour autant accéder à la conscience ?
- Les étapes visuelles, y compris une forme d’invariance, ne nécessitent pas la conscience.
- Peut-on accéder au sens d’un mot ou d’une image sans en être conscient ?
- Nos décisions peuvent-elles être influencées par un stimulus non-conscient ?
- Le traitement subliminal est-il automatique ou « mécanique » ? Ou bien, peut-il être modulé par l’attention, les intentions et les instructions données au sujet ?
- Peut-on apprendre sans conscience ?
- Un stimulus non-conscient peut-il moduler le contrôle exécutif ?
- Les limites du traitement subliminal : Existe-t-il des fonctions mentales propres à la conscience ?

L’intérêt de l’exploration de la perception subliminale en psychologie cognitive
1. Caractériser ce qui, dans notre vie mentale, relève ou non du contrôle conscient.
2. Préciser la nature de l’accès à la conscience.
La méthode contrastive de Baars (1989) :
« contraster deux situations expérimentales minimalement différentes, mais dont l’une est consciente tandis que l’autre ne l’est pas »
3. L’amorçage subliminal constitue une excellente méthode pour étudier l’architecture cognitive sans (trop d’) influence des intentions et des croyances des participants.
a – En comportement: accélération des temps de réponse
b – En imagerie cérébrale: réduction de l’activation
c – Dans les deux cas, la méthode permet de mesurer « ce qui compte comme une répétition pour une étape donnée », et donc d’évaluer le code neural (cf cours 2005-2006)

Télécharger le support de cours "L’inconscient cognitif : Une introduction critique" - Collège de France :
L’inconscient cognitif et la profondeur des opérations subliminales - Stanislas Dehaene

Source Collège de France : Premier Cours - L’inconscient cognitif : Une introduction critique - Stanislas Dehaene

OnlyZenTV : Humanitarian News, Ecology, Solidarity, and Personal Development ...
Together We Can Change The World - Youtube OnlyZenTV - Twitter OnlyZenTV - Blogspot OnlyZenTV
L'Actualité de l'Engagement Humanitaire, de l'Ecologie, de la Solidarité et du Développement Personnel ...