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mardi 21 décembre 2010
Qu'est ce que s'orienter dans la pensée ? - La philosophie aujourd'hui, Penser par soi même, L'orientation chez Kant - Jacques BOUVERESSE - 73mn - UTLS - 2000
21ème Conférence de l'Université de Tous Les Savoirs - 21 janvier 2000 par Jacques Bouveresse
Mission 2000 en France - Disciplines : Philosophie et psychologie
Durée du programme : 73 mn - Date de réalisation : 21/01/2000
Reprenant à son compte le questionnement kantien : "Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ?", Jacques Bouveresse s'interroge sur le rôle de la philosophie aujourd'hui et sur sa capacité à pouvoir y apporter une réponse. Le philosophe est-il mieux placé que l'homme ordinaire ? Revenant sur les conditions qui ont vu cette question se poser au 18e siècle, il évalue la persistance de cette interrogation aujourd'hui. Les valeurs propres au siècle des lumières, telles que l'universalité, sont-elles encore pertinentes pour appréhender et comprendre le monde contemporain ?
Plan et Découpage de la conférence :
- 02:06 - Présentation
- 08:42 - Introduction
- 04:47 - Peut-on compter sur la philosophie pour s'orienter ?
- 03:26 - La philosophie actuellement
- 17:13 - L'orientation chez Kant
- 13:20 - Que devons nous faire de la philosophie des Lumières ?
- 11:24 - Conclusion
- 12:25 - Questions
Texte de la 21ème conférence de l'Université de tous les savoirs réalisée le 21 janvier 2000 par Jacques BOUVERESSE
1. La philosophie et l'art de s'orienter
Les problèmes philosophiques donnent l'impression de correspondre toujours plus ou moins à des questions de la forme "Quelle direction suivre, là où il n'y a pas de directions évidentes ou reconnues ?" ou encore : "Quels repères utiliser, lorsque les repères habituels manquent ou en viennent à être considérés comme peu fiables ?"
Wittgenstein, par exemple, présente la difficulté philosophique comme étant essentiellement de la nature d'un problème d'orientation. L'expérience philosophique est, pour lui, celle de l'homme qui à un moment donné dit : "Je ne sais plus j'en suis" ou : "J'ai perdu mon chemin". C'est le chemin qui permettrait de s'orienter dans son propre langage qui a été perdu et qu'il faut essayer de retrouver. On pourrait parler d'une conception "géographique" de la tâche de la philosophie, puisqu'il s'agit toujours de reconstituer la géographie de notre langage et de nos concepts.
Dans une conversation avec Bouwsma, Wittgenstein propose la comparaison suivante : "Les choses sont comme ceci : dans la ville, les rues sont bien tracées. Et vous conduisez à droite et vous avez des signaux lumineux. Il y a des règles. Quand vous quittez la ville, il y a encore des routes, mais pas de signaux lumineux. Et quand vous vous écartez encore plus, il n'y a pas de routes, pas de lumières, rien pour vous guider. Il n'y a plus que des bois. Et quand vous revenez en ville, vous pouvez avoir le sentiment que les règles sont mauvaises, qu'il ne devrait pas y avoir de règles, etc." (Conversations 1949-1951 with Bouwsma, p. 35).
Le trajet dont il s'agit semble avoir pour effet, de nous déposer à un endroit où il n'y a plus ni poteaux indicateurs, ni règles, ni repères. Nous ne savons pas si nous serons capables de retrouver notre chemin pour rentrer en ville et si nous ne trouverons pas au retour insupportable ou sans intérêt la vie en ville. Nous pouvons avoir le sentiment que les règles qui gouvernent la vie civilisée ne résolvent rien, parce qu'elles sont arbitraires ou parce qu'une absence pure et simple de règles serait, tout compte fait, meilleure.
La question "Peut-on compter sur la philosophie pour s'orienter en dehors de la ville et, au retour, dans la ville ?" est elle-même une question philosophique, et la première de celles pour lesquelles il n'y a pas de réponse imposée ou même simplement admise en philosophie. Sur quelles lumières pouvons-nous compter exactement pour sortir de la situation dans laquelle la philosophie nous a placés ? Celles de la philosophie elle-même sont-elles suffisantes ou bien devons-nous être prêts à en utiliser d'autres, comme par exemple celles de l'une ou l'autre des doctrines morales ou religieuses qui nous sont proposées aujourd'hui ?
Bouwsma rapporte que Wittgenstein lui a dit plus tard au cours d'une promenade : "Si vous avez une lumière, je dis : suivez-la. Elle peut être bonne. A coup sûr, la vie en ville n'irait pas" (ibid.). Ce qui comptait le plus, aux yeux de Wittgenstein, était moins le choix d'une lumière particulière que la sincérité, l'honnêteté et le courage avec lesquels on est capable de suivre celle qu'on a. A ses yeux, la philosophie n'est pas par elle-même en mesure de fournir des lumières spéciales, mais, ce qui est bien différent, la clarté. Le maximum que l'on puisse exiger d'elle est qu'elle réussisse à rendre les gens un peu plus clairs et notamment un peu plus au clair avec eux-mêmes dans le choix de leurs lumières, dans la manière dont ils se les représentent et les présentent aux autres et dans leur façon de les suivre.
Wittgenstein ne peut donc pas avoir de sympathie pour la conception du philosophe comme maître à penser ou comme guide, que ce soit pour les individus auxquels s'adresse son message ou pour son époque. Mais c'est ce qu'on attend généralement de la philosophie et aujourd'hui probablement plus que jamais.
Notre époque, après avoir essayé d'autres solutions, donne l'impression d'avoir recommencé à compter sur la philosophie pour résoudre ses problèmes d'orientation. Mais il ne faut pas attendre de la philosophie la production de réponses déterminées et univoques à des questions du type "Comment peut-on s'orienter dans la pensée ou dans la vie ?"
2. S'orienter par la philosophie ou s'orienter dans la philosophie ? ...
Télécharger le Texte de la 21ème Conférence de l'Université de Tous Les Savoirs - 2000 :
Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ? par Jacques Bouveresse - Mission 2000 en France
Source Canal-U - UTLS : "Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ?" - Jacques Bouveresse - UTLS - 2000
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mercredi 1 décembre 2010
L’imagination et la raison - Le phoenix, l'état de grâce et l'éthique du courage - Bachelard et Corbin - Cynthia Fleury - 50mn - Festival Philosophia St Emilion 2010
Découvrir les facultés de l’imagination par l'intermédiaire de deux auteurs : Gaston Bachelard et Henry Corbin
L’imagination et la raison - Cynthia Fleury - Durée : 50mn - Philosophies TV
Intervenant : Cynthia Fleury, philosophe, chercheur au CNRS (Institut des Sciences de la Communication)
Cynthia Fleury, philosophe, Chercheur
Biographie : Cynthia Fleury, philosophe de formation, est chercheur à l’Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC), Research Fellow et Associate Professor à l’American University of Paris (School of Government).
Ses travaux portent sur les conduites entropiques des démocraties, la réforme des institutions et des comportements, les outils de régulation démocratique et de gouvernance publique. Elle est maître de conférences à l’Institut d'études politiques de Paris. Sa conférence porte sur "les principes, les pratiques et les pathologies des démocraties adultes" (Tronc commun/Philosophie Publique – Cours Magistral de P. Raynaud, 4&5e année ; Tronc Commun Enjeux Politiques – Cours Magistral Dominique Reynié, 2e année) et l’usage perverti ou rénové des fondamentaux démocratiques.
Elle a publié plusieurs livres dont Dialoguer avec l’orient (2004, PUF), Les pathologies de la démocratie (Fayard, 2005) et Imagination, imaginaire, imaginal (PUF, 2006).
Assembler raison et imagination ?
Comment l’imagination fonctionne t-elle ?
Elle est une activité de l'esprit, qui ne reproduit pas à l’identique des éléments réels, mais qui les articule et les combine de façon inédite : elle fabrique de l’inconnu à partir du connu.
Imagination : Faculté de se représenter un objet absent.
On distingue l’imagination reproductrice, qui représente l’image de quelque chose que nous connaissons déjà, et l’imagination créatrice, par quoi l ’homme est capable de produire des oeuvres d’art, de faire progresser les sciences et les techniques. La psychologie, et en particulier la psychiatrie, étudie les perturbations de l’imagination, qui peuvent être un excès d’imagination (hallucinations, mythomanie, hystérie) mais aussi une carence imaginative (arriération mentale ou sottise pathologique).
Entre l'imagination pathologique, qui est un frein dans la vie, et l’imagination créatrice qui combine des faits ou des données réelles pour inventer une solution concrète, il n’y a qu’une nuance, mais elle est fondamentale : dans le second cas, l’homme agit et réalise son action, dans le premier, ses rêveries ne sont pas suivies d’une réalisation concrète.
Didier Julia - "Dictionnaire de la Philosophie", Larousse
Questions sur L'IMAGINATION, Imagination, imaginaire, construire des images...
Quelques notions abordées dans la conférence "L’imagination et la raison" par Cynthia Fleury :
L’imagination et la raison - L’imagination créatrice, noétique, éthique
La métaphysique de l'imagination
L'imagination de la flamme, approche de la connaissance.
Le rêveur de la journée - La rêverie du jour, elle est métaphysique sans être dramatique
Elle est Spirituelle, sans être angoissante
Le cogito de la rêverie et principe orphique - Permettre d'être en accord avec le monde
Trouver les voies d'hospitalité du monde
L'apparition du phœnix, Créer l'état de grâce, et l'éthique du courage.
Henry Corbin - Imagination comme puissance de réalité et de vérité
Sénèque et le pari de l'amitié - "L'amitié est toujours profitable, l'amour est parfois nuisible"
L'homme pour être homme se crée un face face avec le transcendant, l'imagination semble nécessaire pour provoquer cette rencontre...
- Le Programme - Philosophia St Emilion 2010 : Programme Philosophia St Emilion 2010 - format word .doc
- Dossier de Presse - Philosophia St Emilion 2010 : Presse - Philosophia St Emilion 2010 - format pdf
A l’heure de la révolution numérique et des images mondialisées, comment penser une imagination relevant les défis de la connaissance et de l’éthique ? Faut-il l’identifier a l’imaginaire ? Ou plutôt la penser en termes d’imaginatio vera et la définir selon les catégories de l’imaginal qui dresse une carte de l’esprit tout autre. Loin des théories de l’imagination qui fait la folle, puissance de falsification et d’errance, il existe des philosophies ou la faculté imaginative est la ressource fondamentale, celle qui permet à l’individu d’inventer une théorie du sujet et de l’action des plus efficaces.
L’imagination - Festival Philosophia St Emilion 2010 :
Le site de l'évènement : L’imagination - Festival Philosophia St Emilion 2010
Biographie et présentation de Gaston Bachelard et Henry Corbin :
- Gaston Bachelard, né à Bar-sur-Aube le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962, est un philosophe français des sciences et de la poésie. Épistémologue reconnu, il est l'auteur d'une somme de réflexions liées à la connaissance et à la recherche scientifique. Il invente ce qu'il appelle la « psychanalyse de la connaissance objective », inspirée par les travaux de Jung, qui étudie les obstacles affectifs dans l'univers mental du scientifique et de l'étudiant, obstacles qui les empêchent de progresser dans la connaissance des phénomènes. Dans la Philosophie du non, il analyse des exemples tirés de la logique, de la physique ou encore de la chimie. Bachelard renouvelle l'approche philosophique et littéraire de l'imagination, s'intéressant à des poètes et écrivains (entre autres Lautréamont, Edgar Poe, Novalis), au symbolisme ou encore à l'alchimie. Il interroge alors les rapports entre la littérature et la science, c'est-à-dire entre l'imaginaire et la rationalité. Ils peuvent être conflictuels ou complémentaires. Une image au fort pouvoir affectif provoquera des illusions pour le scientifique (l'image du feu par exemple pourra obstruer la connaissance de l'électricité). Mais cette même image produira en littérature des effets inattendus et surchargés poétiquement : son pouvoir de fascination sera très important (chez Novalis ou Hölderlin[3] par exemple pour l'image du feu). La rêverie poétique « sympathise » intimement avec le réel, tandis que l'approche scientifique est « antipathique » : elle prend ses distances avec la charge affective du réel. L'imagination pourra cependant aider à la construction des modèles scientifiques.
Source de la Biographie suite de l'article : Gaston Bachelard sur wikipedia
- Henry Corbin (né à Paris le 14 avril 1903 et mort à Paris le 7 octobre 1978) est un philosophe et orientaliste français.
Il est l'un des rares philosophes à traiter de l'islam iranien en général et de la gnose chiite en particulier.
Corbin a traduit, interprété et édité quelques-uns des classiques de cette tradition, dont les grands noms tels que Sohrawardi, Molla Sadra Shirazi, Rûzbehân Baqlî Shîrâzî et aussi le soufi Ibn Arabi et son disciple chiite Haydar Amoli, élargissent peu à peu un horizon philosophique lui aussi en voie de mondialisation.
Vie : Élève d'Étienne Gilson et Jean Baruzi, Louis Massignon lui révèle la « théosophie orientale » de Sohravardi qui oriente définitivement sa vocation philosophique. Après plusieurs séjours en Allemagne, il publie en 1937 la première traduction française d'Heidegger sous le titre « Qu'est-ce que la métaphysique ? ». Attaché à l'Institut français d'Istanbul (1939 à 1945), il est chargé de fonder le département d'iranologie à l'Institut français de Téhéran. Il y fonde la « Bibliothèque iranienne » où seront publiés les classiques de cette tradition oubliée. En 1954, il est nommé directeur d'études « Islamisme et religions de l'Arabie » à l'École pratique des hautes études où il succède à son ami Massignon. En 1974, il fonde un Centre international de recherche spirituelle comparée à l'Université Saint-Jean de Jérusalem où se rencontrent des spécialistes des trois religions abrahamiques.
Œuvre : A travers son exégèse, Corbin aborde des thèmes comme ceux de la connaissance et du récit visionnaire, du monde imaginal et de l'imagination créatrice en tant que facultés théophaniques, du corps spirituel ou de la terre céleste, de l'immamologie, de l'angélologie et du drame dans le ciel sont des créations au fondement de ce que Corbin nomme une philosophie prophétique basée sur l'herméneutique spirituelle du Livre Saint dont le meilleur équivalent chrétien est Jakob Böhme. C'est dire que cette philosophie prophétique doit être considérée comme une théosophie capable de réconcilier les facultés visionnaires et rationnelles en l'homme. L'œuvre d'Henry Corbin tente de démontrer que la pensée musulmane ne se limite pas aux philosophes hellénisants, au kalâm sunnite ou même au soufisme et que son histoire ne s'arrête pas avec Averroès. Selon Corbin, la mort d'Averroès met seulement fin au péripatétisme arabe et au dialogue de sourd entre Kalam et Falasifa. La philosophie islamique prend au contraire un nouvel essor à partir de l'œuvre fondatrice de Sohrawardi en passant du monde arabe au monde perse où elle trouve une nouvelle vitalité et réalise pleinement certaines potentialités encore inexplorées sans pour autant renier les acquis techniques et les catégories de la pensée grecque.
Finalement, l'œuvre de Corbin dépasse l'exégèse historique et prend une nouvelle dimension quand elle considère cette tradition comme un rempart possible contre les dangers spirituels mortels de la sécularisation et de la désacralisation dont le nihilisme occidental semble le terme ultime. Pour Corbin, l'ésotérisme chiite rejoint l'ésotérisme abrahamique dont il est l'un des sommets et forme une force de proposition toujours valable, capable de remédier aux impasses métaphysiques des systèmes théologiques dogmatiques qui, en réifiant Dieu, en font une importance métaphysique (l'Être suprême) que l'athéisme ne pouvait que dénoncer après l'affaiblissement de la puissance séculière des Églises.
L'œuvre essentielle d'H. Corbin se prolonge à travers son élève Christian Jambet, qui, sans la remettre en question, a montré qu'à côté de cet ésotérisme, la tradition chiite comportait aussi un kalam, une théologie dogmatique dont la prise en compte est indispensable lorsqu'on veut comprendre les origines du sectarisme et du fondamentalisme dont la révolution iranienne est le dernier avatar.
Source de la Biographie et suite de l'article : Henry Corbin sur wikipedia
Source Philosophies TV - Festival Philosophia St Emilion 2010 : L’imagination et la raison - Cynthia Fleury - 2010
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