mardi 2 novembre 2010
Les pulsions sexuelles ignorent-elles l'esprit ? - La sexualité dans l'activité de l'esprit, la pensée - Monique DAVID-MENARD - 70mn - Canal-U - 2001
Conférence : Les pulsions sexuelles ignorent-elles l'esprit ? - Monique DAVID-MENARD - 70mn - Canal-U - 2001
Disciplines : Psychologie, Philosophie Producteur : UTLS - Durée : 70mn 24s - Date : 11/10/2001
Monique DAVID-MENARD : Docteur en psychopathologie clinique et psychanalyse, Docteur en philosophie, Professeur à l'Université Paris VII Denis Diderot (depuis 1999), Directeur de recherche à l'Université Paris VII-Denis Diderot (Laboratoire de psychopathologie fondamentale et psychanalyse), Membre du Centre d'Etude du Vivant Psychanalyste à Paris ; actuellement secrétaire de la commission scientifique de la Société de Psychanalyse Freudienne.
Minutage et Plan de la conférence "Les pulsions sexuelles ignorent-elles l'esprit ?" - Monique DAVID-MENARD :
- 02:15 - Présentation
- 03:17 - Introduction
- 07:55 - Deux concepts de l'esprit
- 08:30 - Le concept de pulsion
- 10:50 - L'autre, la symbolique, la rationnalité
- 15:45 - Transformation d'un système de pulsion en oeuvre
- 21:52 - Questions
Lorsqu'on définit la pensée comme une activité cognitive au sens strict du terme, c'est-à-dire comme un ensemble de représentations ou de concepts qui ont la connaissance comme fin, il est impossible de trouver un quelconque rapport entre les pulsions sexuelles et la pensée. De même la pensée n'est pas exclusivement un traitement d'information dont on étudierait les conditions cérébrales et idéelles. Lorsqu'on aborde l'esprit de cette manière, on renvoie au physique ou à la nature les pulsions sexuelles ; Or ce que Freud a nommé pulsions est impensable dans les termes du dualisme de l'esprit et du cerveau.
Les pulsions sont des pensées, soutenues par le plaisir, le déplaisir et l'angoisse, qui ont pour fonction non pas d'élaborer des connaissances ou des informations, mais de former des types de rapport à des figures d'altérité (les objets de la pulsion) par rapport auxquelles les êtres humains forgent leur propre identité. Ce qui caractérise les objets pulsionnels, c'est leur substituabilité : ce peut être une partie de corps qui apparaît comme détenteur du pouvoir de faire jouir d'une identité enfin découverte, mais ce peut être aussi un objet qu'on dit d'ordinaire abstrait : un problème qui accapare toutes les pensées, une oeuvre à matérialiser et dans laquelle ce qui fait souffrir et jouir se transpose, un acte. Une pulsion est sexuelle lorsqu'elle est met en rapport en un circuit une zone du corps capable d'éprouver du plaisir, un but et un objet.
La variabilité de ces éléments va de pair avec leur détermination. C'est pourquoi il y a un destin pulsionnel qui caractérise chaque être humain, aussi bien dans sa vie que dans ses pensées, la distinction entre l'esprit et le corps étant justement incapable d'en décrire le cours. On a accusé la théorie freudienne d'être un pansexualisme. Pourquoi pas ? Encore faut-il bien comprendre ce qu'on dit par ce terme. Freud n'a jamais dit qu'il n'y avait que de la sexualité dans l'activité de l'esprit . Mais il donne le moyen et cela a des conséquences - de penser l'incidence du sexuel dans les oeuvres de la pensée.
Source Canal-U TV : "Les pulsions sexuelles ignorent-elles l'esprit ?" - Monique DAVID-MENARD
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Le couple - La place de l'individu, L'enfant et le couple, La vie conjugale - Jean-Claude KAUFMANN - 91mn - UTLS - 2005
"Le couple" par Jean-Claude KAUFMANN - La place de l'individu, L'enfant et le couple, La vie conjugale - UTLS - 2005
Discipline : Sociologie - Producteur : UTLS - Durée : 91mn 14s - Date : 09/01/2005
Jean-Claude KAUFMANN : Sociologue - Directeur de Recherche CNRS. Il est membre du CERLIS (centre de recherche sur les liens sociaux) au laboratoire CNRS de l'Université Paris 5-Sorbonne et enseignant.
Un fil d'Ariane permet de comprendre les bouleversements de la vie privée qui nous entourent : l'individu. Les rôles assignés sont devenus intolérables (surtout pour les femmes, qui n'occupaient pas les meilleures positions), l'individu étouffe dans les cadres qui lui sont imposés. Il lui faut de l'air, des espaces d'inventivité. Il ne veut pas rater son bonheur, être le seul à en décider. Mais est-il possible d'être heureux sans les autres ? Non, assurément.
A mesure que l'individu-roi impose sa nouvelle loi, monte la longue plainte du manque d'amour. Il serait si simple que l'amour emporte dans son envol comme on l'imaginait dans la tradition romantique. Hélas le couple est devenu aujourd'hui bien difficile à construire. Même amoureux, l'individu-roi ne peut s'empêcher d'évaluer ce qui lui arrive, de tester son partenaire. De décider de rompre quand il considère que le bonheur n'est pas suffisamment au rendez-vous.
La profonde mutation conjugale contemporaine ne signifie toutefois nullement qu'il y ait désengagement amoureux. Derrière la multiplication des ruptures et la fragilité conjugale grandissante, il faut savoir dégager la quête de vérité qui est à l'oeuvre, à l'écoute des sensations révélées par les événements partagés : l'amour est quotidiennement mis à l'épreuve. Ce qui explique que le mariage ne se situe plus au début des trajectoires conjugales, car il faut vérifier la solidité du sentiment avant de s'engager. Les couples commencent donc aujourd'hui sans papiers, dans un tâtonnant face à face où chacun se cherche en tentant vaguement de deviner un futur à courte portée. C'est un peu plus tard que vient l'idée du mariage. Il est désormais un acte gratuit agissant comme un marqueur symbolique, signalant à tous (et à soi-même) que l'on a décidé de changer d'identité, en quittant le face à face incertain sauvegardant la liberté individuelle, pour s'engager dans un projet d'avenir plus ou moins imaginé comme irrévocable. Le poids de l'institution est même utilisé souvent pour tenter de forcer quelque peu l'avenir. C'est cette nouvelle fonction de marqueur symbolique qui explique le relativement fort maintien du mariage.
Minutage et Plan de la conférence "Le couple" par Jean-Claude KAUFMANN :
- 01:47 - Présentation de Jean-Claude Kaufmann
- 04:37 - Introduction de Jean-Claude Kaufmann
- 16:48 - La place de l'individu
- 09:33 - L'enfant et le couple
- 11:44 - Les modalités du choix du partenaire
- 17:19 - La vie conjugale
- 05:57 - Conclusion de Jean-Claude Kaufmann
- 10:24 - Questions, partie 1
- 13:05 - Questions, partie 2
Dans la conférence introductive, François de Singly a évoqué la première et la seconde modernité de la famille. C'est une clé essentielle pour en comprendre les transformations contemporaines.
Ce terme de « seconde » modernité tous ne l'emploient pas. Certains préfèrent évoquer l'hypermodernité et l'individu hypermoderne. Ces différences lexicales sont secondaires. L'important c'est de souligner qu'effectivement, si près de nous, il s'est passé quelque chose. S'agit-il dune rupture historique ? Les historiens nous incitent à la prudence car l'histoire a une mémoire extrêmement longue et lente. On assiste en réalité rarement à des ruptures. A l'inverse les sociologues sont souvent très attentifs à ce qui est nouveau. Et s'il convient d'être prudent, de plus en plus de gens considèrent qu'il s'est passé quelque chose proche d'une rupture historique.
Pour dater cette seconde modernité on parle des années 1960. Quand on évoque les années 1960, il ne faut surtout pas comprendre l'année 1968. 1968 c'est un événement très fort qui est en lien avec ce dont on parle mais qui n'en est ni la cause ni le début. Un certain nombre d'indicateurs montrent que les choses ont commencé à bouger fortement vers le milieu des années 1960 voire même au début des années 1960.
Comment caractériser schématiquement ces mutations ?
On voit apparaître une émergence du sujet, de la personne, qui veut intervenir dans sa vie et être sujet de son existence, mais qui en même temps est souvent contrainte par la force des choses, par le mouvement de la vie et de la société. C'est un processus social qui travaille les personnes de l'intérieur et qui les pousse à être elles-mêmes et notamment à développer des choix multiples par rapport à leur existence, et des choix dans tous les domaines.
C'est le cas, par exemple, dans leurs relations sociales. Dans la société traditionnelle, l'individu est pris dans un groupe, dans un territoire localisé, il est enraciné, C'est ce groupe dans lequel il est inséré qui le tient et qui le définit. C'est ce que Louis Dumont appelle la société holiste, une société du tout qui définit l'individu. Celui-ci est déterminé par la place sociale qu'il occupe dans ce tout. Un cadre lui dessine le sens de son existence et fixe un certain nombre des relations sociales qu'il devra avoir. Aujourd'hui, le lien social prend davantage la forme d'un réseau autour de l'individu qui essaye de le gérer au mieux.
L'individu choisit ses liens sociaux, il choisit son avenir. L'avenir, du moins en théorie, est ouvert. La question « que veux-tu faire plus tard » témoigne de cette ouverture des options, de la nécessité de faire un choix et d'opter pour un avenir. Certes, tous les choix ne sont pas possibles. La position sociale reste déterminante. Mais, si tous les choix ne sont pas possibles, l'important c'est qu'un choix est possible. Cette possibilité du choix obsède l'individu...
La suite du texte de la conférence : "Le couple" par Jean-Claude KAUFMANN - 2005
Source Canal-U TV - UTLS : Conférence "Le couple" par Jean-Claude KAUFMANN
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dimanche 31 octobre 2010
Ordres et désordres - La quête du sens de la vie, Harmonie, contestations, révoltes, violence, Tocs - Sophie de Mijolla-Mellor - 84mn - UTLS - 2003
Ordres et Désordres - Sophie de Mijolla-Mellor - 84mn - UTLS - 2003
Auteur : Sophie de Mijolla-Mellor - Moyens techniques : Studio vidéo, université Paris 7 - Denis Diderot - Image et son : Jean-Paul Flourat - Stagiaire : Gaëlle Tiblier - Réalisation et montage : Samia Serri © Université Paris 7 - Denis Diderot - Mars 2003
Les formes nouvelles du conflit et de la destructivité qui marquent quotidiennement l'actualité incitent à une réflexion élargie sur la nature, les relations voire les paradoxes de l'opposition entre l'ordre et le désordre dans laquelle la psychanalyse apporte un éclairage original. L'ordre répond à un besoin d'emprise sur le monde et constitue une partie inhérente à la quête du sens de la vie propre à chacun.
Pourtant, loin de se développer comme une harmonie, il génère contestations, révoltes et nécessite d'être "maintenu", se confondant à son tour avec une violence "légitime". Vers quels questionnements sur la relation à l'autre, dans la famille, dans la cité, entre les états, cette opposition entre "ordre et désordre" nous engage t'elle ?
Découpage et Plan du documentaire :
- 04:35 - Introduction
- 03:22 - Ordre et désordre
- 05:35 - L'ordre à petites doses
- 05:29 - Dirt is matter in the wrong place
- 05:47 - Range ta chambre !
- 07:20 - La socialisation : un combat de titan
- 07:07 - Un dur cristal de rancune
- 06:56 - L'ordre groupal de la foule galvanisée
- 04:37 - A vos ordres
- 06:37 - La perversion obsessionnelle de l'ordre
- 03:12 - Le meilleur des mondes ou l'univers totalitaire
- 03:11 - L'ordre règne à Varsovie
- 04:35 - Terreur et terrorisme
- 04:35 - Ni Dieu ni maître
- 03:31 - Du doute à l'ordre des raisons
- 02:11 - Ici, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté
Sophie de Mijolla-Mellor : Psychanalyste, professeur en psychanalyse
Biographie de Sophie de Mijolla-Mellor : Psychanalyste, professeur de psychopathologie et psychanalyse, université Paris VII-Denis Diderot.
Source Canal-U TV - UTLS : Ordres et désordres - Sophie de Mijolla-Mellor - Psychologie, psychanalyse - Canal-U
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